Jours 62, 63, 64 : Canmore, AB / Banff, AB / Lac Louise, AB

Les nuits en pleine forêt ne sont jamais vraiment reposantes. Le moindre bruit autour du campement mettant les sens en alerte, c’est souvent d’épuisement que l’on finit par s’endormir. C’est donc fatigués que nous terminons notre trajet en camion jusqu’à Canmore. 
Canmore est une petite ville touristique au pied des Rocheuses, située à environ 150 km à l’ouest de Calgary. C’est le point d’entrée vers les grands parcs de la région. Les yeux cernés par la courte nuit en territoire des ours, nous décidons de rester en ville jusqu’au lendemain. Au programme : visite de la micro brasserie locale (une tradition dans ce voyage) et match de l’équipe de France de football. Pas très romanesque comme agenda, je vous l’accorde. 

Les cyclowboys à travers Canmore


Bien reposés après cette intense halte à Canmore, notre épique chevauchée dans l’ouest canadien peut véritablement commencer. Près de 450km nous attendent jusqu’à Jasper. 450km au cœur des Rocheuses. La première étape: Banff, distante d’une petite trentaine de kilomètres, intégralement sur piste cyclable. Ce tronçon est un véritable havre pour cyclistes. On y croise autant de vélos qu’il y a de voitures sur l’autoroute. 

la piste de Canmore à Banff

Malgré un léger vent de face et un ciel incertain, nous parvenons à Banff sans encombre. La ville fait fortement penser à ces stations de ski huppées des Alpes. Hôtels chics et boutiques de luxe constituent l’essentiel du tissu économique. Dernière véritable poche de civilisation avant Jasper (notre destination finale) nous en profitons pour faire des réserves de vivre. 
Pour passer la nuit, pas de luxueux chalet, nous nous dirigeons vers l’un des campings du parc national. Le ranger à l’entrée nous met en garde: dernièrement une meute de loups rode dans les parages attirés par la nourriture des campeurs et fait parfois preuve d’un comportement « audacieux » (nous apprécions l’euphémisme). Vigilance donc: pas de cuisine sur le campement et la bombe de gaz répulsif toujours à portée de main. 

à quelques encablures de nos tentes


Désolé de vous décevoir chers lecteurs du blog, mais aucun combat à main nue avec un loup n’a eu lieu cette nuit là, pas même la vision de yeux jaunes dans l’ombre du sous bois. Rien, une belle soirée étoilée avec les montagnes et la rivière turquoise en toile de fond. 
De Banff, nous nous dirigeons maintenant vers le célèbre lac Louise. La route qui y mène est parsemée d’instants cartes postales : lacs, rivières, sommets enneigés… Toutes les images d’Epinal évoquant le Canada y passent. Nous passons plus de temps à admirer le paysage qu’à véritablement pédaler et atteignons finalement les environs du lac Louise tard dans la soirée. Il reste juste assez de luminosité pour monter les tentes et se coucher. 

petite pause contemplation


Le fameux lac n’est qu’à quatre kilomètres de notre campement. Une formalité que nous pensons régler à jeun à notre réveil. Nous ignorons qu’en réalité ces quartes kilomètres se font sur une pente à 8%. Nous avons beau être matinaux, le réveil est brutal. 
Après une ascension digne de la grande boucle, nous nous attendions à apercevoir un lac de montagne isolé que seuls de téméraires randonneurs peuvent espérer approcher. La réalité est bien plus proche de Las Vegas que de Jack London: Une marrée humaine précède la célèbre marre bordée par les glaciers. Point de forêt profonde à traverser pour accéder au bord, mais une armée de touristes dont les rangs grossissent minute après minute, alimentés par les multiples autocars qui déferlent. 

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photo devant le lac Louise faisant presque illusion. La foule est pourtant bien là attendant son tour pour prendre le même cliché mensonger.


Une petite photo pour l’anecdote, un café à 4$ et nous voici repartis. Les 8% d’ascension devenant 8% de descente. Idéal pour relancer notre journée et avancer un peu plus sur cette mythique route des glaciers (Icefields Parkways).  

… et pourtant il reste encore 60km avant l’étape

l’eau des lacs de cette région est véritablement turquoise

7 réflexions sur “Jours 62, 63, 64 : Canmore, AB / Banff, AB / Lac Louise, AB

  1. Eh! bien puisque tu en parles toi-même, je dois t’avouer que je suis, en effet, tres tres tres déçue de ne pas voir ces loups 😠 ( dejà pas vu les ours…)
    Tu pourrais faire un effort pour tes lecteurs quand même ( laisse un peu de nourriture à côté de ton oreiller par ex. ) 😏
    Allez ! je t’excuse encore cette fois…… car ces paysages sont tellement grandioses !!! C’est magnifique !
    Juste dommage cette foule ( qu’on ne soupçonne pas ) au bord du lac !
    Une question Pierre…. Quelle température fait-il dans cette region, à cette période ?

    • C’est noté on va s’enduire de beurre de cacahuète avant d’aller dormir 😉

      Le climat… Vaste question… Il y a des journées à 12 et d’autres à 25. C’est très aléatoire. C’est d’ailleurs le thème du prochain article

  2. Yes boy, nous ne sommes plus à l’époque de Jack London. Tout le monde veut sa part du rêve qui tourne en boucle sur les écrans. Le lac Louise en fait partie. La démocratisation des loisirs, c’est d’abord le tourisme de masse sur les spots les plus  » googlisés « . Mais je ne t’apprends rien. Certains endroits sublimes sont comme un gâteau qu’il faut partager. Très difficile de s’y retrouver seul à table avec ses potes, les pieds dans le vide, à se sentir sur les traces des pionniers. Mais ces moments sont anecdotiques. Il faut en passer par là et ne pas s’y attarder, comme vous le faîtes. Difficile d’avoir à la fois le smartphones et la solitude des grands espaces indomptés. Mais le vélo permet tout de même le compromis. Et ce n’est pas rien. Il suffit de planter sa tente n’importe où dans la forêt, au bord d’une rivière, et Jack London n’est plus très loin. Il suffit de faire un petit feu le soir, (déconseillé en Alberta), et là, il s’invite à coup sûr dans la belle lumière rouge des flammes. C’est cela la grande leçon de ce si beau voyage, celle que je lis tout au long de ce blog. Le temps n’a rien usé du mystère de nos vieux rêves de gamins. Il suffit de si peu pour s’y plonger tout entier, un vélo, une tente, des forêts habitées d’un foisonnement de vivant et l’eau en abondance, en rivières, en lacs, en torrents, qui porte le chant de ses légendes. Ce soir, vous boirez à la santé de Jack London quand les autobus emporteront les derniers touristes éblouis du lac Louise. Bisous à vous 4.

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