Jour 61: Fernie, BC / Sparwood, BC / Crowsnest Pass, AB

C’est donc à quatre que nous nous réveillons au camping de Fernie après une courte nuit. Pas le temps de souffler pour nos nouveaux compagnons de route, la destination du jour : Crowsnest pass, à la frontière avec la province de l’Alberta. Nous devons y être avant 16:00 pour y récupérer un camion de déménagement qui nous permettra de nous rapprocher des parcs nationaux. Nos partenaires ne disposant que de dix jours, ils souhaitent rouler au milieu de ce que les Rocheuses canadiennes ont de plus beau à offrir.

les 4 fantastiques sur le départ


Pour cette première sortie à quatre le temps est malheureusement similaire à celui des derniers jours: pluvieux et la température peine à passer la barre des 10 degrés. Vestes et pantalons longs refont leur apparition, on se croirait revenu un mois en arrière. Dur pour nos acolytes fraîchement débarqués à qui nous avions promis de la chaleur et des coups de soleil. 

Et puis, comme si le sort prenait pitié de nous, les nuages se dissipent progressivement, laissant le soleil apparaître. Le vent souffle même dans notre dos, nous permettant d’avancer à une allure rarement égalée lors de ce voyage. La Colombie Britannique semble finalement souhaiter la bienvenue à nos deux comparses et la journée prend une nouvelle tournure. 

Une fois de plus les routes de L’ouest canadien sont à la hauteur de leur réputation. Les nouvelles recrues sont aux anges et mitraillent à tout va. Le moindre ruisseaux, la moindre colline où même l’ombre d’un chevreuil, rien n’échappe aux objectifs de leurs SmartPhones. Les vieux briscards que nous sommes sont malheureusement trop gâtés et désormais plus exigeants. Pour sortir l’appareil photo, c’est le Grizzly ou rien !

nous ne sommes pas en Suisse mais bien en Colombie Britanique


Pourtant, l’arrivée à Crowsnest Pass met tout le monde d’accord. La route passe sur un bras de terre entre deux lacs bordés par les montagnes. Paysage somptueux ! Le genre dont nos amis rêvaient avant de venir. Ceux qui viennent à l’esprit de chacun lorsque l’on évoque le grand ouest Canadien. Malheureusement l’heure tourne et il ne nous reste que trente minutes pour récupérer notre location. Benoit et moi laissons David et Guillaume savourer le paysage tandis eu nous filons vers le lieu de rendez-vous. 

la route au milieu des lacs


Les kilomètres défilent et toujours rien. Nous apercevons pourtant en contrebas de la route une échoppe qui ressemble à l’endroit recherché. L’adresse ne semble en reverche pas correspondre. Nous continuons donc. 15:55… Et rien. Nous passons la frontière avec l’Alberta mais aucun signe de « UHAUL ». Après environs sept kilomètres de descente le vent dans le dos, nous arrivons finalement dans un village où nous demandons notre chemin à quelqu’un du coin. La réponse de l’indigène est impitoyable: « vous l’avez dépassé, c’était il y a sept kilomètres, il vous faut retourner sur vos pas ». 

bienvenu en Alberta


Sept kilomètres… Sept kilomètres en montée et le vent de face cette fois… À faire en moins de cinq minutes ! « Eh merde »… C’est tout ce qui nous vient à l’esprit dans un moment comme celui-ci. 

Après la providence Britannico-Colombienne plus tôt dans la matinée,c’est à celle de l’Alberta de se montrer clémente alors que la situation semble critique. Le samaritain nous propose d’utiliser son téléphone pour prévenir de notre retard. Premier soulagement : le camion est toujours là et il nous attend. Deuxième (et de taille) : notre homme va nous embarquer dans son pickup et nous déposer devant UHAUL. 
En moins de temps qu’il faut pour le taper, nous voilà dans le bureau des réservations les clés du camion en poche. C’est à ce moment là que nous voyons David et Guillaume arriver, épuisés et assoiffés. Quelques minutes après les avoir laissés, le pneu arrière de David a éclaté, les forçant à marcher six kilomètres sous le soleil Albertien. Pour eux aussi cette fin de journée fut épique !

premier jour, première crevaison


Les quatre vélos chargés à l’arrière, nous voilà parti direction Canmore, petite ville plus au nord. Très rapidement le décor change, des paysages montagneux nous passons aux immenses plaines arides parsemées de puits de pétrole qui nous rappellent le Wyoming. Les locaux ont également le « look Wyoming »: Chapeau de cowboy, chemise à carreau et jean’s Wrangler sont de rigueur. 

Nous roulons jusqu’à trouver une forêt tranquille où passer la nuit. Nous ne risquons pas d’être déranger par qui je ce soi, en revanche par un ours c’est une toute autre histoire. Il nous faut être vigilant et éloigner toute source de nourriture du campement. 

Une première journée riche en émotions et en rebondissements pour nos camarades qui annoncent deux semaines épiques. 
La suite à venir très prochainement.  

pas d’outil… et bah tu marches

moment de méditation

l’équipée sauvage

14 réflexions sur “Jour 61: Fernie, BC / Sparwood, BC / Crowsnest Pass, AB

  1. Le temps me semblait long sans vos nouvelles .malgre vos péripéties vous en sortez bien.toujours la gentillesse des autochtones ,bonne route pour la suite .bisous a’ tous Monette

  2. Ah ah ! moi aussi j’étais en manque ! 😊 C’est toujours un régal de te lire !
    Comme vous, on se demande quelle sera la prochaine épreuve ?…. et j’attends aussi le grizzly impatiemment 😉
    En tout cas, même si le « petit malin » là-haut, s’amuse à vous envoyer des défis, il y a toujours cette bonne étoile qui vous vient en aide. C’est cool de rencontrer des gens sympas…..
    Quant à cette route au milieu des lacs ……wouahh ! 😍😍😍
    J’imagine l’émotion des deux « petits nouveaux » frenchies !…..
    Nb : Aujourd’hui, pour moi, ce sera la Hte Marne …..autres paysages, mais des lacs également 😉

  3. J’étais justement en train d’évoquer avec Michel ce merveilleux « virus » que tu as refilé à ton père et à tes oncles, je veux parler de ces aventures à deux roues que chacun de vous entreprend désormais. Alors te lire juste après est un pur régal. J’ai l’impression de vivre le voyage avec vous, et ça, c’est vraiment chouette! merci Pierre !

  4. Hey boy, elle court, elle court, la maladie d’un tour (en vélo), et elle semble très contagieuse par ces temps où l’insulaire se rebiffe. Il y a du Forest Gump dans cette belle épopée  » into the wild « . La barbe est là, le goût de la longue traversée, les potes venus des confins de l’Oise, des types taillés pour ça, purs produits de l’art d’Oise, celle sur laquelle on écrit à la sueur les plus beaux souvenirs, ces pages qu’on lit en se disant comme Ferrat,  » Que c’est beau la vie, que c’est beau ! « . Alors, je vais conseiller à tous les encagoulés qui veulent changer le monde à coups de barres de fer de lire quelques pages de Wheelden, de retaper un vieux vélo et d’aller courir le vaste monde en levant les yeux vers l’horizon et en respirant profondément, comme pour dire merci. Oui, merci, comme beaucoup le font souvent ici, merci de nous rappeler que tout cela existe et qu’il n’est pas nécessaire de gagner à l’Euro Mi
    llion pour en prendre sa part. Oui, c’est un virus comme dit Nathalie, mais de ceux qui nous guérissent de bien des maux. Bisous à vous 4 qui savez si bien partager l’essentiel.

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