Jours 49, 50, 51 et 52: Glacier National Park, MT / Whitefish, MT / Eureka, MT

Nous laissons donc derrière nous le magnifique parc national des Glaciers pour reprendre notre chemin vers le Canada. La pluie avec laquelle nous avions signé une trêve de quelques jours dans le parc reprend les hostilités durant la majeure partie de la journée.

Nous nous arrêtons à Whitefish, dernière véritable ville sur notre route avant le passage de la frontière. Nous y rencontrons Gordon et Jessie, deux sexagénaires passionnés de cyclisme et de ski de fond, chez qui nous séjournerons. 

Jessie était paysagiste et Gordon professeur à l’université. Ils ont un fils qui a été cycliste professionnel dans une équipe en France. Nos nouveaux amis connaissent d’ailleurs très bien la France, ils s’y rendent encore régulièrement pour pédaler. Ils louent un camping car et font l’ascension des cols mythiques du tour de France. 

Nous passons deux jours chez Gordon et Jessie. Le temps de se reposer et de découvrir Whitefish, petite commune agréable et très orientée vers les sports d’aventure. On y trouve également d’excellents cafés et deux micro brasseries proposant de la très bonne bière IPA (Indian Pale Ale – procédé de brassage très en vogue aux États Unis). Whitefish est une petite Missoula en somme. 

Le Canada est désormais à moins de 100km. Nous ne les ferons pas dans la journée car nous souhaitons camper au bord d’un lac que Gordon et Jessie nous ont recommandés.

C’est samedi, le temps est ensoleillé et le mercure frôle les 30 degrés. La route est donc très fréquentée par les gens qui partent en Week-end. Nous sortons alors nos cartes pour tenter de trouver un itinéraire alternatif. D’après ce cher Google, il y aurait une route non goudronnée qui se rendrait au fameux lac. Google, aussi utile soit-il, ne précise malheureusement pas l’état du chemin. Nous décidons de l’essayer. 

Au bout d’à peine un kilomètre, la route est recouverte par d’immenses flaques d’eau qui rappellent plus la Seine et Marne de ces derniers jours que le Montana. S’en suit donc une bonne heure de galère au cour de laquelle nous passons plus de temps à pousser nos vélos enlisés qu’à pédaler. Dois-je vraiment préciser que nous regrettons notre choix d’avoir emprunter cette route ? 

Finalement, après une lente et difficile progression, la végétation s’ouvre et nous arrivons au dessus d’une falaise qui surplombe un immense lac. Une petite brise chaude souffle, l’eau est turquoise, le ciel bleu et seule une voie de chemin de fer en contrebas témoigne du passage de l’homme dans cet endroit enchanté. Le décor est parfait, il est là juste pour nous, comme si les hautes autorités célestes voulaient nous récompenser d’avoir osé nous aventurer dans cet endroit reculé. 

Après le lac, un embranchement nous fait regagner la route principale. Épuisés, nous ne regrettons finalement pas une seconde notre detour tant le paysage en valait la peine. 

Plus loin nous aperçevons la silhouette d’un animal le long de la route. Cela semble d’abord être un renard. Mais en réalité non, il s’agit… d’un loup ! Du moins cela y ressemble fortement. Peu farouche, il ne s’enfuie pas alors que nous approchons. J’hote alors délicatement la goupille de ma bombe répulsive, juste au cas où les négociations avec le canidé dégénèrent. Finalement il s’écarte et court vers le sous bois. Nous entendons alors le bruit d’une cloche à son cou. Le loup n’est en fait qu’un chien de traîneau. Son maître doit être dans les parages. 

Nous arrivons finalement au lac Dickey, recommandé par Gordon et Jessie. Hors de question d’aller plus loin, la quiétude des lieux et la beauté du décor sont une invitation à monter la tente et camper.

La nuit passe et nous revoilà sur nos montures. 25 miles (environs 40km) nous séparent désormais de la frontière. Nous ne la passerons cependant que le lendemain et resterons côté américain une nuit de plus. Nous souhaitons en effet pouvoir parcourir le plus de distance possible côté canadien le jour suivant. 

Aujourd’hui encore, la température grimpe vite. Nous tentons néanmoins d’apprécier chaque coup de pédale car nous savons que notre présence dans ce magnifique Montana se compte désormais en heures. Une dernière « ride » à travers ses vallées, le long de ses lac et un dernier café pris le long de la route, où une fois de plus nous engageons la discussion avec de sympathiques habitants du coin. 

Le Montana est pour l’heure notre plus belle découverte de ce voyage. Demain la page se tourne et un grand chapitre se termine. Un nouveau commencera et nous avons hâte de découvrir ce qu’il nous réserve. Pour l’heure: « au revoir Montana. Merci pour tous les bons moments ! »

 

au bord du lac Dickey. Endroit rêvé pour camper

  

notre demeure pour la nuit

  

le fameux lac perdu

  

… et le chemin de fer en contre bas


 

merci Gordon et Jessie

  

bon anniversaire Gordon 63 ans !

 

 

9 réflexions sur “Jours 49, 50, 51 et 52: Glacier National Park, MT / Whitefish, MT / Eureka, MT

  1. Que de beaux paysages présentés sur votre compte rendu !
    C’est un plaisir de lire l’aventure jour après jour .
    Merci de partager ces commentaires accompagnés de magnifiques photos .
    Bonne continuation à tous deux ;

  2. Magnifiques les photos je les regarde plusieurs fois pour en profiter au maximum je relis aussi tous les textes toujours avec plaisir .vous faites des rencontres très sympathiques ce qui à du étonner Benoît au début .merci encore pour tout cela .bonne chance au Canada . Bisous a’ vous deux. Monette .

  3. A l’heure où je laisse ce commentaire, vous avez sans doute passé la frontière, laissant les grizzlis endormis dans leur tanière. Mais ils sont où les trappeurs ? Elles sont où les peaux de bêtes ? A force de dégoupiller la bombe à gaz à la première touffe de poils, vous avez fait flipper le forêt. Et voilà que même le loup s’est équipé d’une clochette pour mieux se signaler en tant qu’hôte non hostile du sous bois. Et l’hirsute désormais se terre tandis que le couronné se méfie des lisières, là où serpente le vélo du pionnier, qu’il n’entend pas venir, souple sur ses  » Schwalbe  » de dernière génération, ( les connaisseurs que vous êtes les reconnaîtront ). Tiens, on dirait du Sioux monté sur mocassins Saint Maclou, du Nez-Percé qui n’aurait pas encore poussé la porte d’une brasserie, ouais, c’est juste de l’instinct découpé dans le vif, pas à dire, respect, la faune tellement vantée se planque, elle vous sait là, le doigt sur la goupille, aux aguets, et c’est pas pour rigoler, si le grizzli veut danser, vous avez le tambourin. Rien dans la fourrure, le Winnie, alors tant pis pour un beau manteau façon Leonardo. Ca c’est de la dissuasion. Vive le gaz des champs. Bon, ils auraient pu au moins vous envoyer un hérisson pour vous taquiner le Schwalbe. Même pas. Alors bienvenue au Canada, mais attention, les gars, ça ne dort guère derrière la frontière. Bisous à vous deux.

  4. En lisant les divers récits de ce fabuleux voyage, je me prends à m’imaginer à vos côtés. Je me laisse ainsi aller au gré des paysages magnifiques et des gens exceptionnels rencontrés au hasard de la route. Que d’histoires merveilleuses vous aurez à raconter à vos futurs enfants et petits-enfants!

    • C’est certain.
      Par contre quelque chose me dit que vous serez à nos côté sur un petit bout du voyage. La Gaspésie n’est plus si loin 🙂

  5. Merci de nous faire découvrir des coins « perdus » des US et de nous faire voir nos voisins sous un autre jour…
    Bienvenu au Canada! Espérant que l’accueil sera aussi extraordinaire que chez les « cowboys » du sud de la frontière.
    Après, ce sera le pays du Québec!!!

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