Jours 87, 88, 89 et 90 : Grande-Vallée, QC / Gaspé, QC / Percé, QC

Après avoir vaincu le monstre de Gaspésie nous décidons de prendre une journée de repos à Grande-Vallée, l’occasion aussi de voir la finale de l’euro dans le pub du coin. Nous ne sommes que trois à nous intéresser au match de « soccer », le reste de l’assistance est concentrée sur le tournoi de balle-molle local (baseball en Français québécois). L’équipe de Grande-Vallée est apparemment en finale. Manifestement le résultat n’est pas meilleur que celui des bleus. 

De retour au terrain de camping, nous faisons la connaissance d’autres cyclotouristes : Émilie et Gaël, un couple de Genève faisant eux aussi le tour de la Gaspésie. Matt et Andrew, un père et son fils, de Boston qui parcourent la Nouvelle Angleterre et l’est du Canada à vélo. Une soirée entre cyclotouristes où l’on parle de vélo, de météo, de paysages, de dénivelé… Mais aussi de la vie en général, de son sens, ou du moins de celui que l’on veut lui donner.La discussion avec les suisses, qui venaient du sens opposé au notre, nous a permis d’en savoir plus sur ce qui nous attend. C’est en réalité aujourd’hui la journée la plus difficile, avec son enchaînement de montées et de descentes. Les pentes ne sont pas aussi longues, ni aussi raides que « la Madeleine », mais elles se succèdent, presque sans répit, sur 80 kilomètres, jusqu’à la ville de Gaspé, à la pointe de la péninsule, sur l’océan atlantique. 

Andrew et Matt. Voyage à vélo entre père et fils

Gaël et Émilie de Genève


Nous pensions avoir les jambes pour gagner Gaspé en une journée, mais épuisés, nous nous arrêtons pour camper à 20 km du « Berceau du Canada » (Gaspé étant la première ville fondée par Jacques Cartier). 

Nous arrivons à Gaspé sur les coups de midi le jour suivant. lendemain. Nous nous attendions à une petite ville chargée d’histoire, malheureusement de l’épique de Cartier il ne subsiste rien. Mis à part une place au nom de l’explorateur et un musée, rien n’y fait référence. Légèrement déçus, nous n’y resterons pas pour la journée comme prévu initialement. Nous poursuivrons notre route jusqu’à la petite plage de Sandy Beach où nous décidons de camper.Après Gaspé : Percé (et son fameux rocher) autre village important du bout de la péninsule. Les 65km qui y mènent sont similaires à ce que nous avons eu ces derniers jours : montées et descentes.

suite avec vue


Les six derniers kilomètres sont plus intenses que tout ce que nous avons connu jusqu’ici. Des pentes à 14, 15 et même 17% se dressent devant nous. Nous attaquons, l’une après l’autre, le cerveau débranché, jusqu’au sommet du pic de l’Aurore (on pourrait même dire de « l’horreur » tant l’ascension est pénible. Le fameux rocher nous apparaît alors, nimbé d’un nuage dont le soleil et le vent n’étaient pas venus à bout. 

Commence alors une descente vertigineuse en direction du village, où notre premier arrêt est… La micro brasserie locale ! La célèbre (dans la région) Pit Caribou.

En trinquant avec Benoît, nous repensons à ces quelques journées d’efforts intenses. Impossible il y a trois mois d’envisager une seule seconde faire ce que nous avons fait. Pourtant, aujourd’hui, c’est le cas. Pire que cela: nous y prenons goût. Le goût non pas de la douleur (encore que), mais de pouvoir se dire à la fin de la journée : « au putain, on a réussi à passer ça !!  

certains font la route des vins, nous ce sont les chemins du houblon !

plus de détails sur le charmant village de Percé dans le prochain article

le fameux rocher Percé

la taverne Pit Caribou. Bonnes bières, mais un cran en dessous du Malbord de Sainte Anne des Monts… plus de détails dans le guide des brasseries d’amérique du nord que nous pourrons écrire 😉

oui, nous avons du les grimper. 17% je n’avais jamais vu ça. Record absolu de ma « carrière » de cyclotouriste !! 😁

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6 réflexions sur “Jours 87, 88, 89 et 90 : Grande-Vallée, QC / Gaspé, QC / Percé, QC

  1. Si je comprends bien, votre périple se terminera sur un crescendo. Les Rocheuses s’étaient un réchauffement!!! C’était de la « p’tit bière » comme on dit au Québec!!!

    • C’est exactement ça. C’était la préparation pour la Gaspésie. Ah c’est certain nous nous en souviendrons de la Gaspésie. Nous qui pensions que ce serait une promenade de santé bucolique. Je revois encore Ghislaine nous dire : « ya rien de plat là !! ».
      Oh qu’elle avait raison.

  2. Les photos de Percé sont superbes !
    D’ailleurs question …….. As-tu changé ton support photo ou est-ce la lumière du coin ?
    Elles sont lumineuses ces photos.
    Et encore une fois, chapeau bas pour les performances physiques ( je ne parle pas de vos passages en brasserie 😉 ) mais toutes ces côtes !!!………
    J’ai dejà du mal à rester sur mes pedales pour aller sur les hauteurs de ma bourgade …..😏
    Bonne route pour la suite

    • Hmm non, c’est toujours mon iPhone. Peut être la lumière alors oui.

      Pour le physique, pas de miracle, juste 3 mois à pédaler et le corps s’adapte dans la douleur et la sueur 😉

  3. Hey boys, on dirait que les Rocky Mountains vous ont suivis jusque là, et qu’elles s’offrent un dernier baroud d’honneur avant de plonger dans l’océan. Un dernier coup de rein à 17 % pour vous saluer. Rien que ça. Le continent ne pouvait pas faire moins. 17 % pour écrire une légende. Et sa rumeur se répand déjà. La brasserie se fait temple quand vous en poussez la porte, l’aveugle y retrouverait la vue d’un simple toucher de guidon et le sourd y entendrait le chant des baleines qui pleurent à Nantucket. Eh oui, 17 %, c’est ça, le lecteur vous imagine le muscle raidi tutoyant l’écume blanche, le regard noir ou vient se fracasser la déferlante, et le souffle est là, à déplacer les nuages, à repousser l’horizon en maudissant ce Dieu qui a inventé le 17 %. Mais il vous aime ce Dieu, celui là même qui vous a envoyé la neige et le blizzard, celui là même qui a tenu dans leur tanière les grizzlis qui n’attendaient plus que vous en se limant la griffe, et qui a encore inventé le houblon et la mousse, et même la chope avec sa belle hanse large pour que la main puisse s’y agripper les soirs de blues, oui, il vous aime celui là, et ce 17 %, c’est juste pour être sûr que vous ne l’oublierez jamais. Mais attention les gars, attention, car l’Histoire ne doit vous bercer d’aucune illusion quant à la tentation de faire de vos vélos des pédalos. A trop côtoyer l’océan, je vois bien que vous commencez à gamberger. Et jusqu’au premier phare de Bretagne qui est prêt à brûler jusqu’à ses dernières cendres pour vous guider jusqu’au bout de la nuit. Mais là je dis, attention les gars. Le Titanic a déjà essayé. Et c’était pas du 17 %. Alors, tant pis pour tous ceux qui te lisent et qui se disent, là, ils sont  » ready « , ils vont attaquer la muraille de colère blanche qui perce les rochers et les recrache en ridicules galets, ils vont gagner la haute mer et pédaler jusqu’au Finistère, devenir les Tabarly de la petite reine, les Kersauson du guidon, oui, mais quand même, je dis attention les gars. 17 %, c’est parfait comme ça. N’en rajoutez plus, la légende est en marche, le verlan ne dit déjà plus VELO mais LOVE. 17 % et plus rien ne sera plus jamais tout-à-fait comme avant. On se retrouve à la prochaine bière. Bisous. Et je ne corrige

    • On se l’est dit d’ailleurs. Arrivés à Percé, on s’est dit que ce serait drôle d’embarquer sur un des voiliers qui font la transat et rentrer par la mer 😉

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