L’Amérique à vélo : histoire d’un rêve

Alors que je vivais en France, j’ai souhaité me rapprocher des grands espaces nord américains. Je suis donc parti vivre au Canada.

La réalité du quotidien m’a vite rattrapé, finalement les grands espaces et les montagnes rocheuses se sont résumés à des cartes postales collées sur mon réfrigérateur. Pourtant, la trentaine approchant, je me suis mis en tête de mettre ma vie sur « pause » et d’enfin prendre le temps de découvrir l’Amérique. C’est alors qu’est née l’idée de traverser les États-Unis à vélo.

Lorsqu’un tel projet germe dans votre esprit, vous pensez à tous ces couchers de soleil dans le grand ouest, à ces nuits étoilées dans les montagnes de Nouvelle Angleterre, aux dures journées de pédalage avec le vent de face et à ces montagnes qu’il faudra franchir par la seule force des jambes… Tout est beau, tout est parfait, même les difficultés vous paraissent belles et indissociables de l’aventure.

On y pense, on en rêve, on mystifie même le voyage. Pourtant il y a quelque chose auquel on ne pense pas et qui s’avère tout aussi pénible que l’ascension d’un col sous un soleil de plomb : tout ce chemin à parcourir avant de réellement concrétiser le projet.

 Au lieu de « chemin », je devrais plutôt dire : « calvaire » ! C’est vraiment dans ces moments où l’on souhaite légèrement (et temporairement) dévier de notre quotidien et prendre du temps pour soit, que l’on se rend compte à quel point on est encré et lié à celui-ci.

En effet,  que faire de ses affaires personnelles, de ses meubles, de sa voiture… Que faire de l’appartement et de notre bail ? Comment aborder le sujet avec son employeur ? Qu’advient-il de nos innombrables abonnements (TV, internet, téléphone…) ? Vais-je réussir à économiser suffisamment d’argent et atteindre l’objectif fixé ? Sans parler de la réaction de nos proches lorsqu’on leur faire part de notre projet.

Tout ceci finit par nous apparaitre comme des chaines qui nous retiennent et c’est là que ce fait la différence entre ceux qui ont des envies, des idées des rêves, et ceux qui vont les réaliser. La volonté de passer outre ces obstacles.

 Cela me rappelle un film avec Georges Clooney « Up in the air » dans lequel notre célèbre amateur de café en dosette dit ceci :

«Prenez un sac à dos vide, mettez-le sur vos épaules et remplissez-le de toutes les choses que vous possédez. D’abord les petites choses, les babioles, puis les objets plus imposants, les meubles, etc. Finissez par votre maison et essayez d’avancer …»

Pour ma part, je vais temporairement mettre de côté ce sac à dos et en prendre un plus petit pendant 3 mois, dans lequel il n’y aura qu’une bouteille d’eau, quelques T-Shirt et des chambres à air de rechange.

photo

Séance de physiothérapie

 Toutes ces choses que je viens d’évoquer ne constituent malgré tout que des contraintes « matérielles » et finalement superficielles, avec un peu de recul, on arrive à les surmonter, tranquillement et une à la fois. On ne s’en rend pas bien compte, mais lorsque l’on est vraiment déterminé, on finit par trouver des solutions à tout.

Arrive alors les contraintes « humaines » (car nous sommes en effet aussi des organismes vivants, pas uniquement des acteurs sociaux et économiques). Il y a là l’entrainement, la préparation physique, voir même mentale et les éventuelles petits problème de santé qui peuvent survenirs avant le départ. Une blessure en s’entrainant est vite arrivée par exemple. J’en ai d’ailleurs fait les frais lors de mes premiers cours de spinning : une tendinite au genou récalcitrante est apparue et je vis avec depuis. J’apprends à la gérer au quotidien, il est vraisemblable qu’elle aussi sera du voyage et se rappellera à mes bons souvenirs de temps à autre.

Finalement lorsque l’on met tout cela en perspective, le simple fait de se retrouver sur la ligne de départ, le jour J et donner son premier coup de pédale, c’est déjà pouvoir affirmé « je l’ai fait, j’ai souhaité partir, je suis parti« . C’est une grosse victoire, la moitié de l’aventure est faite, et pas la plus passionnante.

Patience, ténacité et détermination… voici donc les mots qui définiraient le mieux cette période d’attente. Une journée à la fois, il ne faut pas non plus oublier de vivre durant tout ce temps, et de se changer les idées.

… Bon film. J’aime assez l’idée du sac à dos, moins le reste de la comparaison

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