Qui suis-je ?
Mon prénom est Pierre, lorsque j’étais enfant, mes héros s’appelaient Indiana Jones, Rocky, Marty McFly ou Han Solo. Je rêvais de devenir archéologue et de parcourir le monde.
Les années ont passé, je n’avais finalement pas découvert le trésor des templiers, ni localisé la cité engloutie de l’Atlantide. Au lieu de cela, je menais une vie très tranquille et confortable, à mille lieues des récits d’aventure qui me fascinaient tant.
Pourtant, il m’arrivait souvent de me poser ces questions :
« Si tu voyageais dans le temps à bord de la fameuse DeLorean et que tu revenais en 1994 pour rencontrer celui que tu étais à l’époque, que penserait-il de toi ? » ; « y aurait-il quelque chose dans ta vie actuelle qui puisse le faire rêver ?«
J’avais beau y réfléchir, je ne trouvais malheureusement pas grand chose.
Alors bien évidemment, il y avait tous ces petits accomplissement « d’adultes » qui nous rendent si fiers : « j’ai eu mon diplôme avec mention » ; « j’ai acheté ma première voiture« , « je suis propriétaire », « j’ai refait ma cuisine et ma salle de bain« … Il y avait ces succès professionnels : les objectifs atteints, les performances…
Remonter en 1994 pour n’avoir que cela à raconter, pas sûr que je fasse rêver le gamin.
À l’age de 30 ans j’ai souhaité remédier à cela en prenant du temps pour moi, en voyageant à vélo pour la première fois.
Pourquoi le vélo ?
Pourquoi ce choix de voyager sur deux roues ? Pourquoi vouloir pédaler sur des milliers de kilomètres, à travers les montagnes, les déserts, sous la pluie, le soleil de plomb, face aux vents, en étant dévoré par les moustiques et en transportant 25 kilos d’équipement ?
C’est très simple: je n’ai pas le permis moto…
Plus sérieusement, le vélo permet de « prendre le temps », voyager à son rythme en appréciant les plaisirs simples de la vie. J’ai voulu gouter à ce sentiment finalement méconnu, être libre: la sensation de véritablement vivre chaque journée, ne pas avoir d’agenda, de contrainte de temps ni de lieu.
Pourquoi « Wheelden » ?
Wheelden… Ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare auront sans doute pu remarquer que dans « Wheelden » il y a « wheel » qui signifie « roue », ce qui explique le lien avec le vélo. Ok, Mais pourquoi Wheel-« den » ?
Il s’agit tout simplement d’un clin d’oeil au titre de l’oeuvre de l’essayiste américain Henry David Thoreau : « Walden », oeuvre qui m’a beaucoup inspiré.
Walden est en réalité le nom d’un étang perdu dans la campagne de Nouvelle Angleterre, non loin de Boston. Thoreau, écrivain et penseur américain du 19e siècle, raconte à travers l’ouvrage éponyme, son expérience de vie de deux ans dans une petite cabane à l’écart de la civilisation, proche de l’étang. Tout au long du récit, l’auteur nous fait part de ses impressions et des conclusions qu’il en tire.
Thoreau y dénonce notamment le fait que la plupart des gens se détournent des choses simples et ne sont finalement jamais pleinement heureux. Il prône ainsi une sorte de retour à plus de simplicité : Les rencontres au delà de la propriété matérielle ; la beauté de la nature au delà du luxe ; l’amour et l’amitié au delà de l’intérêt et de l’argent ; les expériences humaines au delà de la réussite financière.
Il remarque d’ailleurs que pour beaucoup d’entre nous, nous avons bien plus peur de l’inconnu que de l’effroyable réalité d’un quotidien qui parfois ne nous convient pas. Un peu comme un oiseau auquel on ouvrirait la cage mais qui n’oserait pas sortir par crainte de cette liberté si soudaine et imprévue.
Wheelden est donc l’hommage sur deux roues à cet ouvrage qui m’a marqué.
Pour en savoir plus sur l’oeuvre et son auteur :
